Kilimandjaro, la mythique voie Machame

Trekking au Kilimandjaro, Machame la voie royale

Pour beaucoup de randonneurs, de trekkeurs, l’ascension du kilimandjaro est assurément le rêve de toute une vie. Fouler le toit de l’Afrique à 5895 m est pour eux la quête ultime et l’occasion de se confronter, au moins une fois, à la haute altitude. Tout savoir ou presque sur ce mythe, c’est parti pour l’ascension du Uhuru Peak.

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trekking kilimandjaro voie machame
  • -3.36968,36.6881

    Arusha, le point de raliement

  • -3.21205,37.2237

    Machame gate, la porte d’entrée de votre trek

  • -3.34865,37.3435

    Moshi

  • -3.4282,37.0725

    Kilimanjaro aéroport

      Quelle voie d’ascension choisir

      C’est le dilemme et la question récurrente que se pose tout candidat (e) à un trekking au Kilimandjaro. Sur les 7 voies qui convergent vers le sommet, laquelle choisir ? Machame | Rongaï | Marangu | Lemosho | Mweka | Shira | Umbwe, un vrai casse tête me direz vous, pour vous  qui préparez votre premier et surement unique voyage au Kilimandjaro. Si à cela on y ajoute la montée directe par la Western Breach ou encore le circuit nord,  là en phase préparatifs,  bien installé dans le canapé, c’est mission impossible.  On pourrait retenir la devise du plus court, moins cher, car moins de jours sur la montagne réduit forcement le coût de la logistique, porteurs, guides, repas. Mais le budget n’est pas un bon choix. La question des chances de réussir le sommet doit être la base de votre réflexion. Ces routes rapides Umbwe, Marangu dans une moindre mesure, ne sont pas du tout propices à une bonne acclimatation et hypothèquent fortement les chances de sommet. Mekwa étant uniquement une voie de descende, l’horizon s’éclairci peu à peu. Vous trouverez dans l’offre des agences organisatrices de l’ascension du Kilimanjaro un choix qui se limite à deux ou trois routes. Machame arrive en tête des voies pour le trekking au Kilimandjaro, Rongai la seule du versant nord est aussi une option à ne pas négliger. Vient ensuite un enchainement très élégant, mais malheureusement peu plébiscité, avec Shira et le circuit nord.

      Pourquoi la voie Machame

      C’est devenu maintenant au fil des années la voie la plus empruntée par les candidats à un trekking au Kilimandjaro. C’est une route très esthétique qui a l’avantage de vous faire découvrir des paysages variés durant les différentes étapes. Elle a surtout l’avantage de présenter un profil qui favorise une bonne acclimatation. Même si les dénivelés quotidiens restent supérieurs aux 400/500 conseillés journalièrement, cet itinéraire permet une acclimatation assez rapide avec notamment l’étape 3 qui est bien calibrée. Comme on le verra plus loin, il est important de ne pas “sauter” Karanga Camp, car c’est là que le mal aigu des montagnes, le MAM, est en embuscade des trekkeurs les plus vulnérables.

      • Trekking au kilimandjaro

        Le sommet du Kilimandjaro depuis Karanga Camp

      • Trekking au kilimandjaro

        Les “neiges” du Kilimandjaro, peu avant le sommet

      • Trekking au kilimandjaro

        Le Machame Camp au petit matin

      • Trekking au kilimandjaro

        L’incroyable travail des porteurs

      • Trekking au kilimandjaro

        L’arrivée à Barafu Camp

      • Trekking au kilimandjaro

        En montant vers Lawa Tower

      • Au repos à Barafu Camp, avant l’ascension finale

      létape 1 vers Machame Camp

      C’est depuis Arusha ou Moshi que vous rejoignez  la Machame Gate, votre point de départ pour le trekking au Kilimandjaro. Le lieu est pour le moins animé, les guides locaux qui gèrent les formalités administratives, les porteurs qui cherchent à se joindre à une équipe, les trekkeurs qui mitraillent à tout va, il y règne un joyeux brouhaha. Enfin la caravane se met en route et c’est parti pour une étape de quatre heures de marche à travers la luxuriante forêt équatoriale. Il faudra escalader plus de mille mètres de dénivelé pour rejoindre le Machame Camp, situé sur à 2835 m. Mais le “Polé-Polé” est là, cette expression Swahili vous sera maintes fois répétée par votre guide local. Doucement, tout doucement sera donc votre devise au fil des jours, pour ne pas fatiguer votre organisme et réussir votre trekking au Kilimandjaro.

      L’étape 2 pour Shira

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      Après un copieux petit déjeuner pris sous la tente mess, vous vous élancez pour votre seconde étape. Au camp c’est la frénésie, les tentes sont démontées en un rien de temps, les porteurs préparent les sacs de transports, le cook prépare l’eau de boisson. Tous le monde s’affère pour partir au plus vite et rejoindre le prochain camp. Aujourd’hui vous vous élevez dans une végétation plus aride pour terminer sur un plateau d’altitude recouvert d’une steppe. L’étape est de 900 mètres de dénivelé tout de même. A mi chemin, elle vous offre les premiers panoramas, sur le Mont Meru notamment. Le camp est plutôt confortable, il y a de l’espace, et les différentes équipes de trekkeurs trouvent chacune un lieu paisible pour le campement du jour.

      Le passage de Lawa Tower et le Barranco Camp

      Cette troisième étape est aujourd’hui primordiale pour votre acclimatation. L’itinéraire remonte face à la montagne dans un décors volcanique. Vous vous dirigez vers une muraille qui semble de loin infranchissable, c’est le passage difficile de la Western Breach. Il permet d’accéder directement au cratère du Kibo. Vous bifurquez vers Lawa Tower, un passage situé à 4640 mètres surplombé de falaises aux couleurs orangées. C’est le moment de faire la pause pique nique à plus de 4500 m et de peaufiner ainsi cette fameuse acclimatation. La descente vers Barranco Camp se fait à travers une végétation de Séneçons géants. Là aussi le camp est plutôt confortable. Il est surplombé d’impressionnantes falaises, notamment le Barranco Wall. Sur les hauteurs, des reliques glacières de séracs scintillent au soleil couchant, probablement un des plus beaux camps depuis le départ de votre trekking au Kilimandjaro.

      Le mur de Barranco, c’est vraiment du ?

      Au fil des heures et des discussions avec les autres trekkeurs, on sent chez certains une inquietude poindre. Vais je réussir à surmonter ce passage ?

      Dès les premières lueurs du jours, les premiers porteurs sont engagés dans le Barranco Wall et l’on devine, alors, le cheminement dans l’impressionnante falaise. Pour certains trekkeurs, il faudra “mettre la main sur le rocher”,  pour d’autres ce sera une simple formalité. Mais au final, le mur est bien moins difficile qu’il n’y parait. Un col à 4200 mètres marque la fin du passage. On rejoint ensuite le Karanga Camp à travers des paysages lunaires.

      Dormir à karanga ou pas

      Comme nous l’avons déjà évoqué au début de ce récit, pour nous la question ne se pose pas. Oui il faut faire étape à Karanga Camp. C’est sur, ça rajoute un jour de trek et ça augmente le tarif. Mais les belles propositions, basées sur le marketing et les tarifs attractifs qui proposent d’enchainer les étapes 4 et 5 sont une escroquerie. Des formules pour appâter les naifs, en faisant croire que le Kilimandjaro est une simple promenade en altitude et où derrière on se moque bien de savoir si vous allez réussir ou pas le sommet. Lisez jusqu’au bout, on reparle, sans langue de bois, de la face cachée du rêve dans “le tabou du taux de réussite”.

      • Le passage de Lawa Tower

      • Le sommet approche

      • Lever de soleil sur le Mawenzi

      Barafu le camp du grand jour

      Aujourd’hui l’étape est donc volontairement courte et l’on a réduit le dénivelé. C’est un jour crucial, nous sommes la veille du sommet et il ne faut pas se mettre dans le “rouge”. Le sentier est techniquement facile, il monte en lacets réguliers à travers des anciennes moraines glacières. Un court passage plus raide et vous arrivez à Barafu Camp à la mi-journée. Un déjeuner chaud vous attend sous la tente mess et le reste de la journée est consacré au repos et aux préparatifs pour l’ascension. Vers le coup des 17 heures, vous voyez arriver les trekkeurs en provenance directe de Barranco Camp. Beaucoup ressemblent à des “zombies”. Ils sont exténués, ils ont dans les jambes 8 à 9 heures de marche et mille mètres de dénivelé.

      Le problème au Kilimandjaro c’est que vous montez comme une balle

      Avec une telle fatigue, à seulement quelques heures du départ pour le sommet, un temps de récupération nul et une courte nuit à venir, si on peut appeler ça une nuit, Barafu sera pour un grand nombre le terminus du rêve.

      Vous êtes à 4650 mètres, les effets de l’altitude sur les corps fatigués font du dégâts. Reposez vous bien, on démarre à minuit.

      Fouler le Kibo

      Cela se passe à la frontale, les conditions ne sont pas faciles, le froid est souvent mordant. Parfois on est confrontés à des forts vents d’altitude et le doute peut survenir. Mais le Polé-Polé fait son oeuvre, avec des pauses régulières pour l’hydratation, pas à pas vous finissez par prendre pied sur le rebord du cratère du Kibo. C’est à Stella Point que ça intervient, à 5730 mètres, les premières lueurs du jour ne vont pas tarder. Il vous reste tout au plus une heure pour rejoindre le  mythique Uruhu Peak, votre rêve, le Kilimandjaro. Vous êtes à 5895 mètres à la porte d’entrée de la haute altitude, n’en doutez pas. Une fois ces moments de bonheur inoubliables vécus, il faut songer à quitter le toit de l’Afrique. La suite on ne va pas vous mentir, elle n’est pas facile, c’est loin d’être terminé. Il faut en premier temps revenir à Barafu Camp, pour se restaurer et se reposer une paire d’heures. Il faut ensuite enchainer avec une double journée et descendre vers Mewka Camp. La descente est longue, 1300 mètres de dénivelé négatif. Mais vous êtes portés par votre réussite au sommet du Kili et croyez nous, le moral fait toute la différence. Les candidats malheureux, descendent aussi sur Mewka Camp, mais le moral dans les chaussettes et pour eux l’étape est interminable.

      Le tabou du taux de réussite

      Voilà nous y sommes, nous ouvrons la polémique et comme depuis le début, cet article est sans langue de bois, nous continuons sur la lancée.

      Comme cette section est un peu longue, on vous la fait point par point. Et si voulez juste le taux de réussite moyen c’est direct en bas.

      • Bienvenu dans la jungle. En premier lieu, si vous cherchez à vous auto-organiser l’ascension, rejoindre un groupe d’inconnus via les réseaux sociaux, trouver une agence locale, acheter pas cher sur une plateforme ou dans une moindre mesure choisir une agence de trek, soyez conscients que vous êtes en pleine jungle. Normal me direz vous, les pentes du Kili sont recouvertes de forêt équatoriale.

      • Plus grosses sont les âneries, mieux ça marche. Pour commencer, voici le genre d’âneries que vous trouverez  sur internet (et dans le haut d’un classement google, tant qu’a faire). Une parmi tant d’autres:

      La plus haute montagne d’Afrique vous fait rêver? Allez-y, c’est magique et certainement à votre portée : plus de 90% des personnes qui montent le Kilimanjaro par cette voie arrivent au sommet à 5895 mètres. Nous avons vu en haut une dame de plus de 70 ans et une personne de plus de 100kg qui n’avait jamais quitté Zanzibar : pas besoin d’être un grand sportif pour y arriver. La Tanzanie est par ailleurs un pays très accueillant, magnifique et facile à découvrir. Un post pour préparer le voyage.

      • Mensonges et approximations, ça marche, pourquoi s’en priver?  A côté de ce type d’articles racoleurs, truffés de liens publicitaires, vous allez aussi être confrontés sur les réseaux sociaux, ou certains forums, à des vrais faux bons plans, bonnes adresses et surtout tous auréolés du meilleur rapport qualité prix. Vous croiserez aussi ceux qui vous garantissent un taux de 100% de réussite.
      • On est dans le business, un point c’est tout. Bref on ne va pas vous faire la liste complète des chausse-trappes qui vous attendent. En résumé pour vous la faire court, toute ascension ou trekking au Kilimandjaro est une affaire commerciale. Et comme il y a de l’argent en jeu, ça aiguise forcement des appétits et des dérives. La concurrence entre les organisateurs est féroce et tout est bon pour améliorer la marge.
      • Avant de partir mettez toutes les chances de votre côté pour réussir votre trekking au Kilimandjaro. Alors oui, il vaut mieux être bien préparé physiquement et arriver en forme le jour J.  Oui il faut peaufiner son acclimatation, c’est indispensable. Oui le Kilimandjaro n’est pas un itinéraire d’alpinisme, mais c’est une randonnée en haute altitude sur plusieurs jours et exigeante. Ce n’est pas à la portée de tout le monde.  Oui, il vaut mieux partir avec un bon organisateur de trek et d’expéditions qui a de l’expérience en la matière et une logistique performante. Et bien sur en matière de sécurité en premier lieux. Car à confier votre projet à une plateforme quelconque, peut au mieux vous faire perdre votre argent et dans des cas plus sombres, vous couter jusqu’à votre dernier souffle.
      • Quand au fameux taux de réussite, il semble se situer, seulement, à 40 %. Bien sur c’est une moyenne à pondérer selon les itinéraires, mais tout de même, ça fait beaucoup de personnes qui voient leur rêve brisé lors de leur trekking au Kilimandjaro. 

      Conseils pour bien se préparer physiquement

      Nous avons  déjà écris des articles sur le sujet du trek et de la préparation physique, que vous pouvez consulter sur ce lien. Vous y découvrirez déjà pas mal d’informations. En complément on vous conseille vivement de réaliser une visite médicale spécifique à la haute altitude.

      Le rêve ne fait pas tout, seule la pratique régulière d’une activité physique de type endurance (vélo, course à pied, marche nordique…) vous permettra d’acquérir une condition physique de base indispensable pour un projet tel que l’ascension du Kilimandjaro.

      Côté matos

      Là aussi c’est du bon sens, on ne va pas vous faire une liste exhaustive de chaussettes et de tee shirt. Privilégiez bien sur un équipement de type technique (matières synthétiques). Votre équipement de base de randonnée  peut faire  l’affaire.  Mais il ne vous a pas échappé que vous allez côtoyez la haute altitude, il faut donc renforcer certains équipements. Ne lésinez pas sur les gants. Prévoyez une paire de moufles ou gants trois doigts pour la haute altitude, avec des sous gants intégrés. Idem pour les vestes, prévoyez une veste d’alpinisme de type membrane goretex et une doudoune en duvet, avec capuche. Pour la doudoune partez sur un modèle qui offre une protection autour des -25°. Enfin sur les chaussures inutile à cette altitude de partir avec des chaussures spécifiques aux expéditions. Optez pour un modèle de type montagne/alpinisme en membrane goretex et tige haute bien sur. Un bon organisateur vous conseillera de manière personnalisée, avec des exemples de modèles précis, avant de faire un achat. Les marques comme Scarpa, la Sportiva, Garmont sont des valeurs sures. Certes c’est un budget non négligeable, mais là aussi la qualité doit primer. Apportez également une attention particulière à des lunettes de soleil filtrantes, là aussi ne lésinez pas sur la qualité. En altitude le rayonnement solaire devient plus intensif et agressif des lunettes de type “glacier” s’imposent.

      Vous avez oubliez Mekwa Camp !

      Non rassurez vous, on ne peut pas l’oublier celui là. Il marque, tout d’abord, la fin d’une très longue journée commencée souvent à minuit. Il est aussi synonyme d’un bon repas et d’une dernière nuit sur la montagne. C’est surtout au réveil qu’il retiendra toute votre attention, car c’est jour de paye et surtout des pourboires pour les équipes locales. C’est une tradition et avant tout une juste reconnaissance du travail accompli par chacun durant l’expédition. On organise la cérémonie après le petit déjeuner. Des danses et des chants sont entonnées en arc de cercle. Ca rigole, ça se moque un peu, c’est joyeux et bon enfant, si bien même que ca attire des trekkeurs d’autres groupes, qui viennent voir ce qui se passe. Chacun est à tour de rôle convié au centre pour recevoir son enveloppe en toute transparence et avec beaucoup de respect mutuel. Vous l’avez compris ça ne se passe pas comme cela pour l’ensemble des groupes. Pour vous, il vous reste à dérouler une courte étape de 4 heures de marche en descente pour rejoindre la Mewka Gate. Notre cook a déjà filé comme un beau diable au village, il revient avec de quoi nous concocter un dernier bon repas. Après la remise de votre diplôme d’ascension au Kilimandjaro par l’administration du parc, pour nous c’est rendez vous dans “l’arrière boutique” de Mewka Gate. Vous partagerez avec l’équipe locale un dernier repas, un succulent ragout de bananes.

      Conclusion de tout cela

      Voilà on a essayé de vous faire vivre, simplement et sincèrement ce récit de trekking au Kilimandjaro. On a essayé de vous donner des informations justes et objectives. On a, c’est vrai, tenté de plaider la cause des organisateurs artisans, soucieux de votre réussite au sommet. On a, c’est vrai, égratigné les plateformes, les rois de l’uberisation et les starts up de la mise en relations directes. Mais lorsque que l’on voit des porteurs à Mewka Camp qui se ruent sur tel ou tel occidental pour demander où sont les pourboires (car on le redit, cette contribution est un respect et un juste remerciement pour celui qui a porté, durement, vos affaires toute la semaine ou qui vous a préparé les repas). Et que cette contribution n’arrivera jamais dans la poche de ces travailleurs admirables et bien oui on égratigne et on dénonce ces mauvaises pratiques. 

      Tout en bas de la page dans les commentaires, on répond à vos questions, n’hésitez pas à participer. Merci.

      • Petit déjeuner sous la tente mess

      • Cérémonie à Mewka camp

      • Brancard de secours made in Africa

      • Stella Point

      • Les reliques de glaciers

      • Hier, vous étiez au sommet



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      Trekking Ouzbékistan, Les Monts Célestes de l’Asie Centrale.

      Vous avez dèja entendu parler d’une fameuse voyageuse suisse qui s’appelait Ella Maillart ?

      En 1932, elle parcourut en compagnie de deux couples d’amis Russes, l’immensité du désert de Kizilkoum, jusqu’aux Monts Célestes de Tyan Shan. Ce voyage d’aventure en Asie centrale lui inspira un récit, intitulé des Monts Célestes aux sables rouges, dans lequel elle décrit fort bien son voyage en Ouzbékistan.

      Aujourd’hui,  je vous  emmène, à travers ce petit reportage  dans les montagnes Ouzbèkes, sur  les traces d’ Ella Maillart.

      randonnée dans l'Hérault

      L’Ouzbékistan et ses montagnes sont en quelque sorte les prémices de la grande chaine de l’Himalaya et en particulier du proche massif du Pamir. Géographiquement les montagnes méconnues de l’Ouzbékistan font partie du système montagneux Pamir-Alaï.
      Les principales chaînes montagneuses du pays sont les monts de Tyan-shan, les montagnes de Nour-Ata, le massif de Zérafshan ou encore les Monts de Chimyan.

      Trekking dans le sud du pays

      La chaîne des Monts Hissar située au sud est la plus élevée du pays, elle est dominée par le pic Khazret Sultan , qui culmine à 4643 mètres d’altitude. Actuellement, de par sa situation frontalière avec le Tadjikistan et les tensions géopolitiques de la région, cette zone montagneuse reste difficile d’accès aux trekkeurs et alpinistes.

      Trekking dans le nord

      Au nord-est du pays se détache également le parc national de Ugam-Chatka, qui abrite de beaux sommets élancés, tel que le Besthor qui s’élève à 4299 m ou encore le Mont Adelung qui du haut de ses 4301 m est le point culminant du district de Tachken. Autour du magnifique lac de Charvak se trouve une des zones de randonnées et de treks parmi les plus populaires en Ouzbekistan, avec notamment le sommet du Chimgon 3309 m.

      Randonnées, escalades, hauts sommets et air pur, venez découvrir Yanguiabab, notre « Chamonix » local.

      Je vous amène également plus au sud , à 100km de Tachken dans la ville de Yanguiabad, qui est un peu notre « chamonix » local. Cette ville paisible et verte située à 1300m dans le massif de Thian Shan s’est transformée en un centre de villégiature été comme hiver. L’architecture issue de la présence de colons allemands, présents sous l’aire soviétique pour l’exploitation des mines d’argent et d’uranium, donne à Yanguiabab des airs de station de montagne européenne.
      De nombreuses balades plus ou moins sportives partent vers les crêtes du Chakhteur ou vers le pic du Babaïtag à 3500 m, de quoi ravir les randonneurs les plus exigeants. Avec ces paysages grandioses de hautes montagnes, ces glaciers scintillants, nul doute que l’Ouzbékistan est aussi un pays montagneux, s’intégrant pleinement dans la chaine des monts Alaï -Pamir.

      Mon pays s’ouvre progressivement au tourisme de randonnée et de montagne et j’espère que l’engouement grandissant pour cette région de la « route de la soie » vous incite vous aussi à visiter l’ Ouzbékistan prochainement.
      Pour l’instant les treks et randonnées que j’organise en Ouzbékistan, se déroulent essentiellement dans le massif de Nour-Ata.

      La préservation de la nature.

      C’est là aussi une région d’un grande beauté où la nature a été préservée et protégée depuis fort longtemps. A titre d’exemple on peut citer la réserve naturelle de Hayot, un des héritages de la période soviétique qu’a connu le pays. Elle est pour moi un fort bel exemple de l’écologie dans mon pays et de la prise en compte de nos richesses naturelles.

      A Hayot on protège en particulier le mouflon d’Asie, appelé également Argali de Marco Polo, une espèce spécifique présente dans toute l’Asie centrale. Un des plus gros mouflons pouvant peser jusqu’à 130 kilos et qui vit jusqu’à des altitudes élevées, parfois jusqu’à 5000 m.

      Dans les montagnes de Nour-Ata se trouvent également le site des gorges de Sharmych Saï. C’est un endroit connu pour ces nombreuses gravures et peintures rupestres. On en comptabilise près de 4000 réparties sur les parois du canyon.
      Représentations d’animaux, de guerriers ou encore de sorciers, c’est une véritable galerie d’art rupestre à « ciel ouvert », qu’il faut mettre dans le programme d’un voyage en Ouzbékistan.

      Enfin je ne pouvais pas vous parler des montagnes ouzbèkes sans vous parler de leurs habitants. Du temps de l’URSS, les massifs d’Ouzbékistan n’ont guère suscité l’intérêt du régime soviétique. A cette époque la production agricole et collectiviste c’est développée dans les plaines. Avec autorité les soviétiques ont vidé les montagnes de leurs habitants, afin d’alimenter le bataillon de main d’œuvre nécessaire notamment pour la culture du coton.  Avec l’effondrement soviétique  un certain retour à la montagne a été opéré. Aujourd’hui on assiste  à un renouveau des activités d’élevage traditionnel. On assiste aussi à l’arrivée de population pauvre des villes,  migration renforcée depuis une décennie par les crises économiques.

      Le karabair ouzbek, une des races les plus anciennes d’Asie Centrale.

      Les villages et hameaux revivent petit à petit. A la bonne saison les animaux gagnent les yaylov (alpages) et les habitants nous accueillent pour les étapes intermédiaires de nos treks. Plus haut en altitude nous montons des campements et cette toute nouvelle activité touristique dans les montagnes Ouzbèkes, participe de façon durable et solidaire à l’économie de ces massifs.

      N’attendez plus, partez en trekking ouzbekistan sur les traces de Ella Maillart parcourir les montagnes célestes !

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